BULLE IMMOBILIERE .NET

16-06-2010 Les BOURDES de meilleurtaux.com a lire ici 

BULLE IMMOBILIERE .NET > Bulle immo > Revue de presse > Débâcle à l'Irlandaise

RSS >  Débâcle à l'Irlandaise
Georgius #1 08/03/2010 - 16h47

Ministre du Logement
Groupe : Ministre du Logement
Messages : 4006
Enregistré le : 18/06/2008

Hors ligne

Irlande : le chant du départ
LE MONDE | 08.03.10 Marie-Pierre Subtil

La maison a été louée, la dernière-née baptisée, à tout juste un mois. John Keane, sa femme et leurs trois enfants peuvent s'envoler. Ils doivent partir le 11 mars, direction Brisbane. Un aller sans retour vers le soleil de l'Australie, loin du ciel gris de Dublin, des clients insolvables, des chantiers suspendus et des traites de la maison sans jardin.
Dans les années 1960, le père de John avait émigré en Angleterre pour travailler en usine. Au début des années 1990, trois de ses frères et soeurs se sont installés aux Etats-Unis. Lui avait cru en son pays. Après avoir passé quelques années à l'étranger, il était revenu, "les choses allaient tellement bien". Il avait monté une entreprise, fondé une famille, acheté une maison. Et le voilà, à 29 ans, content de tout lâcher.


Diplômé d'une école d'ingénieurs, John Keane s'était fait... carreleur. C'était l'époque, encore toute proche, où tout Irlandais se devait d'avoir sa maison. Les banques prêtaient au premier venu, même sans apport, les promoteurs ne savaient plus où donner de la tête. Très vite, John a eu six employés. Lui-même s'est endetté pour trente-cinq ans en achetant une maison mitoyenne dans un lotissement près de l'aéroport, à Dublin. Rien d'extraordinaire, deux chambres, une terrasse, pour 330 000 euros. "A l'époque, se dédouane-t-il, ça ne traversait l'esprit de personne que ça pouvait mal se terminer."
Trois ans plus tard, le jeune homme a renoncé à vendre sa maison avant de partir pour l'Australie. Peut-être en tirerait-il 230 000 euros, mais il n'en est même pas sûr. Les banques ne prêtent plus, le marché de l'immobilier est figé. Selon une étude parue en janvier, il y aurait à travers le pays 621 "ghost estates". Des "lotissements fantômes", où plus de la moitié des maisons sont vides ou inachevées.

La débâcle a été rapide. La crise immobilière a commencé en 2008. L'année suivante John s'échinait à se faire payer par ses clients. De six, le nombre de ses employés est passé à deux. Puis sa femme, hôtesse de l'air, a perdu son emploi. Un de ses amis, également dans la construction, est parti pour les Etats-Unis, un autre en Asie centrale, un troisième "a fait faillite la semaine dernière".

En 2009, le solde migratoire s'est à nouveau inversé.


Comme Hugo. Au mois de mai, ce grand jeune homme au profil de gendre idéal aura fini ses longues études, il sera expert-comptable. "A ce moment-là, il y aura sur le marché 250 personnes et moi", ironise-t-il. Les 250 personnes sont celles qui, selon lui, ont été licenciées à l'automne par les grands cabinets d'audit comme PricewaterhouseCoopers et KPMG. C'est décidé : en 2011, il partira pour l'Australie. Il s'est mis à son compte comme comptable tout en finissant ses études et, pour économiser, est retourné vivre chez ses parents. En 2006, il avait acheté un petit appartement mais il ne peut plus payer les traites. Il a pensé le vendre. Mais "qui va l'acheter ?" Même ses amis fonctionnaires n'obtiennent pas de prêts


Etc. Etc.
Construisez local et écolo : paille, chanvre, herbe à chat
Georgius #2 09/03/2010 - 10h15

Ministre du Logement
Groupe : Ministre du Logement
Messages : 4006
Enregistré le : 18/06/2008

Hors ligne

Le Miroir Irlandais
Paul Krugman, New York Times repris sur RTBF, 09.03.10
Comparaison des situations américaine et irlandaise

Comme le souligne un nouvel article de recherche des économistes irlandais Gregory Connor,Thomas Flavin et Brian O'Kelly, "On ne trouve presque aucun des facteurs apparents de la crise américaine dans le cas irlandais" et vice-versa. Or la crise a revêtu des formes très similaires : une énorme bulle immobilière - les prix ont grimpé davantage à Dublin qu'à Los Angeles ou à Miami - suivie d'une grave faillite bancaire contenue seulement grâce à un renflouage coûteux.
L'Irlande n'avait aucun des méchants préférés de la droite américaine : pas de Community Reinvestment Act (loi de financement communautaire, ndt), pas de Fannie Mae ou de Freddie Mac (entreprises américaines de refinancement immobilier, ndt).

Plus surprenant, peut-être, fut l'insignifiance des finances excentriques : la faillite irlandaise ne fut pas une histoire d'obligations adossées à des actifs (CDO) ou de dérivés sur événements de crédits (CDS) ; ce fut une bonne vieille histoire d'excès, dans laquelle les banques octroyèrent de gros prêts à des emprunteurs discutables, et les contribuables finirent par payer les pots cassés.


les prix ont grimpé davantage à Dublin qu'à Los Angeles ou à Miami

et la France ?  :dev:

Mais qu'avaient-ils donc en commun ? Les auteurs de cette nouvelle étude suggèrent quatre "facteurs 'profonds'".

D'abord, l'exubérance irrationnelle : dans les deux pays, les acheteurs et les prêteurs se sont convaincus que les prix de l'immobilier, bien que déjà exorbitants, battant des records historiques, allaient continuer à grimper.

Ensuite, il y eut l'énorme afflux d'argent bon marché [...]
Troisièmement, les principaux acteurs avaient intérêt à prendre des risques, car pile ils gagnaient, face quelqu'un d'autre perdait. En Irlande, ce jeu de hasard moral était surtout individuel [...]
Mais la ressemblance la plus frappante entre l'Irlande et l'Amérique fut "l'imprudence réglementaire" : les gens chargés de surveiller les banques n'ont pas fait leur travail. En Irlande, les régulateurs ont détourné le regard en partie parce que le pays essayait d'attirer des entreprises étrangères, et en partie à cause du copinage : les banquiers et les agents immobiliers étaient très proches du parti au pouvoir.


Que peut-on donc nous apprendre le fait que l'Irlande a subi une crise financière de type américain avec des institutions différentes ? Essentiellement, que nous devons faire attention aussi bien aux régulateurs qu'aux réglementations. Surtout, limitons à la fois les leviers et l'utilisation de la titrisation - ce qui fait partie de ce que le Canada a bien fait. Mais ce genre de mesures n'aura aucun impact si elles ne sont pas renforcées par des gens qui considèrent qu'il est de leur devoir de dire non aux puissants banquiers.

Construisez local et écolo : paille, chanvre, herbe à chat
pilou #3 09/03/2010 - 10h44

Caillou Suprême
Groupe : Caillou Suprême
Messages : 2105
Enregistré le : 10/11/2009

En ligne

Est-ce qu'il existe un graph sur l'évolution des prix en Irlande, que l'on puisse le comparer aux USA, UK et à la France ?

[EDIT] j'apporte une réponse partielle :
Wiki "irish real estate prices evolution"


Irish property bubble
The property bubble in the Republic of Ireland built up from 2000 to 2006, as with many other western European countries, with a combination of increased speculative construction and rapidly rising prices.
As elsewhere, prices stabilised in 2007 and the bubble burst during 2008. By the first quarter of 2009, house prices had fallen by 23% compared with the second quarter of 2007, and the number of housing loans approved fell by 73%.[1] The fall in domestic and commercial property prices contributed to the Irish banking crisis


Bulle irlandaise en hausse de 2000 à 2006, stabilisation 2007, et explosion 2008. Chute des prix -23% T1 2009 / T2 2007.


The Crash of 2009
As predicted in earlier reports dating from 2006 and 2007, a property price crash hit Ireland by the first half of 2009. It coincided with the 2009 recession, and both had started to develop in late 2008 following the global economic slowdown and credit control tightening. By June 2009, it was reported that around 40% of the price escalation that had occurred during the property boom years of 2001-2007 had been lost


En juin 2009, 40% de la hausse intervenue dans les années de "boom" avait été effacée (en fait, c'est plutot 28% de baisse qui effacent 40% de hausse).
Georgius #4 28/04/2010 - 11h30

Ministre du Logement
Groupe : Ministre du Logement
Messages : 4006
Enregistré le : 18/06/2008

Hors ligne

L’immobilier a eu raison du tigre celtique

Le tigre celtique, c’est ainsi que l’on surnommait l’Irlande, n’est peut-être en réalité qu’un tigre de papier. Comme en Espagne, le pays a beaucoup misé sur un produit extrêmement explosif : l’immobilier. Pour la seule année 2006, l’Irlande, qui ne compte que quatre millions d’habitants, a construit 90.000 maisons alors que la Grande-Bretagne (60 millions d’âmes) en a bâti à peine le double. Cherchez l’erreur !


Au pilori, le gouvernement qui a incité ses citoyens à acheter de l’immobilier grâce à de nombreux avantages fiscaux. Les propriétaires pouvaient, par exemple, bénéficier de très importants dégrèvements fiscaux sur les loyers perçus en cas de location de leur(s) bien(s). Conséquence : une véritable frénésie s’est emparée des Irlandais. Pour éviter de payer des impôts, ils se sont mis à acheter un bien, puis un deuxième, puis un troisième. Ils l’ont fait d’autant plus facilement que le message général était : «Allez-y, investissez dans la brique ! L’immobilier en Irlande ne cesse de croître, 30 % par an, il n’y a donc aucun risque. De plus, les taux d’intérêts sont faibles. Quant aux loyers, ne vous en faites pas, l’Irlande attire beaucoup d’étrangers grâce à sa croissance, vous n’aurez donc aucun mal à trouver des locataires.»


Les maisons et les appartements ont perdu environ un tiers de leur valeur. Les Irlandais se voient ainsi contraints de rembourser des emprunts plus lourds que la valeur réelle de leur bien.


En 2000, un rapport officiel avait déjà alerté les autorités irlandaises du danger de subsidier l’immobilier par le fisc. Elles ont fait la sourde oreille… pour remporter les élections. Un achat d’électeurs qui se traduit aujourd’hui par un drame économique sans précédent.


Pog mo Thoin !
Construisez local et écolo : paille, chanvre, herbe à chat
Galandris #5 28/04/2010 - 12h29

Super Administrateur
Groupe : Super Administrateur
Messages : 13462
Enregistré le : 14/11/2007

En ligne

En Espagne et en Irlande, l'immobilier est un produit explosif. En France, la pierre c'est du solide.
Lé mo écri en sms c com la fumé, sa pik lé zieu
4immobilier #6 28/04/2010 - 13h20

Administrateur
Groupe : Administrateur
Messages : 14020
Enregistré le : 14/11/2007

Hors ligne Site Web

Je suis en train de me demander si on n'est pas le peuple le plus con de la terre. Il n'y a que chez nous que les mêmes causes ne produisent pas les mêmes effets ...
Pour vendre passez une annonce immobilier. Pour gagner des cadeaux  parlez de votre ville et quartier. C'est simple ..
Biro #7 28/04/2010 - 22h27

Ministre du Logement
Groupe : Ministre du Logement
Messages : 1740
Enregistré le : 14/01/2009

En ligne

4immobilier @ 28/04/2010 - 13h20 a dit:

Je suis en train de me demander si on n'est pas le peuple le plus con de la terre. Il n'y a que chez nous que les mêmes causes ne produisent pas les mêmes effets ...

T'as rien compris, on est les plus forts fr
On manipule l'explosif à tout va et même pas peur !
Eole #8 28/04/2010 - 22h49

Chef de chantier
Groupe : Chef de chantier
Messages : 466
Enregistré le : 12/03/2009

Hors ligne

ouais bin la mèche doit être sacrément mouillée en tout cas pour l'explosif en France... Ca a du mal à péter...

 >  Réponse rapide

Composez votre message

BULLE IMMOBILIERE .NET > Bulle immo > Revue de presse > Débâcle à l'Irlandaise

Les annonces immobilier : passez gratuitement une annonce

Le blog immobilier Simulateur d'achat immobilier pour comparer location et achat les donnes statistiques de l'immobilier Retrouvez l'historique d'une annonce : duree et baisse prix La tendance des prix des annonces : par ville et surface
Bulle tools : Annonces Blog Simulateur Statistiques Historique Cotation

L'immobilier et les annonces immobilier. L'immobilier et annonces. Guide d'achat immobilier . Tout l'immobilier et agences immobilières et creer un site. Maison a vendre

Votez pour ce site au Weborama Taverne