Régis Bigot, directeur du département "conditions de vie et aspirations" au Crédoc prône une meilleur régulation du marché immobilier.
Les Echos 04/03/10La qualité des logements a-t-elle été multipliée par 2,5 en quinze ans ? En aucun cas. Une récente recherche du CRÉDOC (3) montre que, malgré l’amélioration tendancielle de l’habitat, une proportion encore élevée de nos concitoyens vit dans des logements de qualité médiocre : 14 % signalent un toit percé ou de l’humidité, des moisissures sur les montants des fenêtres ou sur les sols ; 14 % indiquent que leur installation de plomberie est inadéquate (installation soit dangereuse, soit régulièrement en panne ou encore l’eau n’est pas potable ou insuffisamment disponible) ; 11 % se plaignent d’une installation électrique inadaptée (câblage, douilles et autres installations électriques dangereuses, régulièrement en panne ou de capacité insuffisante). Au total, 32 % des Français signalent l’un ou l’autre de ce qu’il convient d’appeler des « défauts majeurs de qualité », ce qui place notre pays en dessous de la moyenne européenne (26%), un peu avant Chypre, l’Estonie, la Lituanie ou la Pologne, et bien loin derrière la Suède, la Finlande, le Danemark, la Belgique ou l’Allemagne.
Le décalage croissant entre le prix et la qualité des logements d’une part, et le fossé grandissant entre le coût des habitations et le revenu des ménages d’autre part témoignent de l’existence d’une bulle spéculative entretenue par la pénurie de logements.
A l’heure où renaît l’idée de mieux surveiller les dysfonctionnements des marchés, la France pourrait s’inspirer de nos voisins outre-Rhin. En Allemagne, la succession de politiques volontaristes de construction de logements destinés aux classes moyennes a permis d’entretenir un parc d’habitations — de qualité — suffisant pour répondre à la demande. Le droit locatif, plus protecteur à l’égard des locataires, assure notamment un plus strict encadrement des loyers : le « Mietspiegel » ou « miroir des loyers » détermine ainsi dans chaque quartier la valeur d’usage des biens loués et fixe des limites aux augmentations, lesquelles reposent la plupart du temps sur des travaux d’amélioration des logis, cela afin de limiter les risques de spéculation immobilière
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